Publié le 7 janvier 2026
La galette des rois est une tradition incontournable du mois de janvier.
Chaque année, elle réunit petits et grands autour d’un moment convivial, entre partage, fève cachée et couronne dorée.
Mais d’où vient cette coutume si populaire ? Bien avant d’être associée à l’Épiphanie chrétienne, la galette des rois s’inscrit dans une histoire ancienne, faite de rites d’hiver et de fêtes collectives.

En Vendée, cette tradition rencontre un autre patrimoine gourmand : celui des brioches et gâches vendéennes, véritables symboles des grands moments de la vie. Retour sur l’origine et l’évolution d’une tradition qui traverse les siècles.
Aux origines : une fête d’hiver avant d’être un gâteau “des rois”
Les historiens rappellent souvent que le principe du “roi d’un jour” tiré au sort apparaît dans l’Antiquité romaine, lors de fêtes d’hiver (Saturnales) où l’on inverse symboliquement l’ordre social. Cette idée d’un tirage au sort pendant un banquet (avec un objet/une fève) est fréquemment citée comme un ancêtre possible du rituel.
Plus tard, la galette s’inscrit dans le calendrier chrétien autour de l’Épiphanie, fête liée à l’adoration des mages (et, selon les traditions, célébrée le 6 janvier ou un dimanche proche).

La fève, la couronne… et les petits gestes qui changent tout..
Pourquoi le plus jeune se cache sous la table ?
La coutume du plus jeune sous la table sert un objectif simple : éviter toute triche et distribuer les parts “à l’aveugle”. C’est l’un des moments les plus mémorables pour les enfants (et parfois le plus drôle pour les adultes).
Et la fameuse “part du pauvre” ? Dans certaines familles, on coupe une part supplémentaire (au-delà du nombre de convives). Cette part, appelée selon les régions “part du pauvre”, “part du Bon Dieu” ou “part de la Vierge”, est traditionnellement destinée à quelqu’un dans le besoin qui passerait au logis.

De la vraie fève… aux figurines en porcelaine
À l’origine, on utilise une graine (fève/haricot), puis parfois d’autres objets. Avec le temps, la “fève” devient une petite figurine : selon des sources pédagogiques, la figurine en porcelaine apparaît assez tôt dans l’histoire moderne, tandis que des sources patrimoniales montrent surtout l’essor de la production au tournant XIXe–XXe siècle (notamment avec des ateliers liés à Limoges et des productions auparavant achetées en Saxe).

La galette à la frangipane : une star… et un mot qui vient de loin..
La version la plus répandue dans une partie de la France est la galette feuilletée garnie d’une crème aux amandes. Et le mot “frangipane” a lui-même une histoire : il dérive d’un nom italien (Frangipani) associé à un parfum, avant d’être attesté en français pour une préparation culinaire à l’amande au XVIIIe siècle.


Cap sur la Vendée : ici, l’histoire des “gâteaux de fête” est (aussi) une affaire de brioche !
En Vendée, quand on parle de gâteaux de fête, on touche à une tradition très structurante du bocage : des pâtes riches (œufs, sucre, beurre), fabriquées pour marquer les grands moments du calendrier social et religieux.
Des noms anciens et des fournées “de saison” Le cahier des charges de l’IGP Brioche vendéenne rappelle qu’en Vendée on trouve, autour des fêtes de printemps et de fin de carême, des gâteaux appelés selon les usages “pain de Pâques”, “galette pacaude”, “alize” ou “gâche”. On y lit même cette image très parlante : le Samedi saint consacré à la fabrication de gâteaux briochés “souvent énormes”.
Brioche vendéenne vs Gâche vendéenne : cousines, pas jumelles.
Le Code des usages de la viennoiserie artisanale distingue clairement les deux :
- Brioche vendéenne : tressée, mie plus aérée, parfum d’alcool/arôme possible.
- Gâche vendéenne : forme ovale, mie plus serrée, souvent enrichie (notamment avec crème fraîche), texture fondante et moelleuse “compacte”.
Une anecdote “Vendée ↔ Paris” : quand le nom se fixe.
Le cahier des charges IGP raconte aussi un épisode très parlant : en 1949, l’Association des Vendéens de Paris organise une vente de charité, et l’expression “Brioche vendéenne” s’emploie pour distinguer cette spécialité d’autres brioches. Une manière de voir comment une tradition locale se “nomme” et se diffuse quand elle sort de son territoire.


Alors… comment “ça se fêtait” (et comment le raconter en Vendée) ?
Si la galette (feuilletée/frangipane) est très visible en janvier partout en France, la Vendée possède un fil rouge supplémentaire : le gâteau de fête comme marqueur de communauté (mariages, parrain/marraine, grandes tablées, rituels de partage). Les brioches vendéennes ne sont pas “la galette” au sens strict, mais elles racontent la même idée centrale : rassembler, célébrer, offrir, transmettre.
Sources :
- Épiphanie (sens, date, tradition chrétienne) : Église catholique en France Église catholique en France ; Le Jour du Seigneur Le Jour du Seigneur
- Origines antiques & évolution de la coutume : National Geographic National Geographic ; Gallica / BnF (article de blog Gallica cité par l’outil) Gallica
- “Part du pauvre” (explication grand public) : Lumni Lumni
- Vendée : traditions de brioche, danse, appellations anciennes, diffusion : Cahier des charges IGP Brioche vendéenne (Ministère de l’Agriculture) Ministère de l’Agriculture
- Brioche vendéenne & gâche vendéenne (historique, description, usages) : Code des usages de la viennoiserie artisanale (CNBPF / INBP) CNBPF ; Document INAO sur la Gâche vendéenne INAO Extranet
- Étymologie de “frangipane” : CNRTL Cnrtl ; Académie française Dictionnaire de l’Académie française
- Fèves en porcelaine (piste patrimoniale Limoges) : Archives départementales de la Haute-Vienne (Ranque-Ducongé) Archives Haute-Vienne ; Musée Adrien Dubouché (dossier pédagogique)






















